Deuxplusquatre

Famille, enfants, bricolages, papier, littérature, écriture, recherche d'information

04 avril 2005

Pas de pot !

Pas croyable !

Le 19 janvier, super ! Je n'ai pas le cancer ! Certifié, garanti, assuré suite à une myriade d'examens de toutes sortes.

Le 20 janvier, je me casse la figure en me rendant au boulot. Résultat des courses : la main droite dans le plâtre, puis opération, puis revalidation, et me revoilà deux mois plus tard, avec un pouce pas tout à fait en ordre de marche et une nouvelle opération en perspective.

La vie ne fait pas de cadeau, vraiment !

Enfin, je reprends le cours des choses petit à petit, mais je suis bien marrie de tout ce que j'ai dû laisser en rac pendant ces dernières semaines.

Courage, Brigitte !

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10 janvier 2005

Un adieu

J'ai essayé à plusieurs reprises de poster un blog exprimant ma désolation. Une collègue et amie est morte le 10 juillet dans un accident de voiture. Je ne suis pas arrivé à formuler ce que je ressentais. Tout ce que j'écrivais me semblait banal ou carrément trivial. Alors que je voulais parler d'elle, de cet être plein de vie, élégant, rieur, dont la constante bonne humeur vous faisait oublier les épreuves qu'elle avait subie, j'avais l'impression que chaque texte, chaque phrase commencée, ramenait à moi, mes sentiments, ma peine, et je m'en sentais coupable, injuste, hors de propos.

Je me rends compte maintenant que les propos que l'on peut exprimer par rapport à la mort ne doivent contenir ni justice, ni justesse. Les morts sont morts, et quand on les regrette, c'est pour nous-même, pour le sentiment d'absence et d'abandon que leur disparition crée en nous. Confrontée depuis peu à ma propre mortalité, je m'aperçois que je pense à mon éventuelle disparition non pour moi-même, mais pour ceux que je laisserais si ma santé venait à se détériorer.

Nous formons donc un cercle de vie et de mort. Les morts sont morts, les vivants pensent aux morts dans les conséquences que leur absence a dans leur propre vie. Les vivants pensent à leur propre mort et aux conséquences que leur absence aura dans la vie des autres. Est-ce bien ainsi ? En tout cas, c'est la vie.

Ciao Clarisse.

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17 juin 2004

Le temps, c'est de l'amour

Souvent, le soir, quand je m'assieds au salon, un des enfants vient s'asseoir sur le divan à côté de moi, ou bien prend possession de mes genoux. Puis un autre arrive, et un autre, et Pascal aussi, et Nana, toujours en dernier, mais qui veut absolument s'insérer entre moi et celui qui est le plus proche. Nous devisons, l'un de nous raconte un événement de sa journée, expose une idée, une réflexion, on raconte des blagues, on rit, le temps s'écoule en douceur et en amour.
Puis Nana s'endort, Mo et Driss se disputent l'ordinateur, Dodo se plonge dans un livre.
Il ne reste plus que Pascal et moi, alors on parle, entre nous.
C'est le bien le plus précieux que nous puissions donner à nos enfants : le temps.

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09 juin 2004

Au secours, les examens sont là !

Cliquez sur l'image pour l'agrandir Je ne sais pas si vous avez déjà constaté comme les relations parents-enfants, excellentes au départ (si, si, chez moi, c'est comme ça !), peuvent rapidement dégénérer autour d'un devoir de mathématiques ou de physique. Entre les sanglotants "Mais le professeur a dit de faire comme ça !" et les tonitruants "Enfin, je connais quand même bien mes théorèmes, m..., je les ai étudiés avant toi !", on tombe facilement dans l'impasse du tirage de gueule et du claquage de portes.
Heureusement, Pascal a dégoté un site hyper-giga-méga-génial (comme dirait Nana), www.cyberpapy.com, où des "seniors" se mettent à disposition des "juniors" pour répondre à leurs questions dans toutes les matières scolaires. Attention, on ne fournit pas la solution, on explique la méthode. Et ça marche super bien ! Driss et Mo posent les questions aux Mamies et Papys du net, et reçoivent une explication claire et compréhensible quasiment dans l'heure qui suit. Et moi, je peux lire tranquille. Le pied ! Merci à tous ces volontaires anonymes qui aident à restaurer une ambiance familiale épanouissante pour tous ! (Surtout pour moi !)

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13 mai 2004

Mon tricylce rouge

Quand j'étais petite, quatre ou cinq ans par là, j'avais un tricycle rouge. Mon compagnon d'aventures. Un tricycle de bois, avec des roues d'acier et des pneus blancs. Je passais des heures dessus, à pédaler ou simplement assise, à écouter les bruits, à regarder autour de moi.
Notre lieu préféré, à mon tricycle et à moi, c'était la montée devant chez nous. Une longue, longue pente à 45 ° au moins, à vous donner l'envie de descendre à toute vitesse, et le courage de la regrimper ensuite, traînant son fier coursier derrière soi.
Nous habitions dans la gare de Baulers. D'un côté de la gare, notre cuisine, le salon et la salle à manger, au milieu, le bureau des employés du chemin de fer, de l'autre côté, la salle des pas perdus. Au premier étage, nos chambres. Passant devant la gare, une route qui mène jusqu'à Nivelles d'un côté (en sortant de la gare, à droite) et vers le centre de Baulers de l'autre. En face de la gare, cette pente, ma pente à moi, qui montait presque jusqu'au ciel.
Je la grimpais, tirant mon tricycle. C'était long à monter, mais quelle récompense ensuite. Arivée en haut, je grimpais sur mon tricycle, l'alignait sur la gare, qui me paraissait toute petite, là en bas, je donnais une petite poussée et.... lâchez tout, le tricycle d'un bel élan fonçait tout seul dans la descente, sa course se précipitant, jusqu'au moment où j'atteignais la grand route, la traversais à toute vitesse, droit sur le mur, frappais mon talon gauche sur le sol en tournant le guidon d'un coup sec au maximum, freinais des deux pieds, et laissais l'arrière de mon tricycle frotter le mur pour stopper la course. C'était exaltant!

La première fois que j'ai réalisé cet exploit, les employés du bureau se sont précipités dehors, croyant me retrouver en bouillie. Mais non, je riais, toute fière, et prête à remettre ça.

La deuxième fois, mon père m'attendait devant la gare. Quand j'ai arrêté mon tricycle, il m'a tancée d'importance. Est-ce que je me rendais compte du danger ? Traverser une grande route comme ça ? Et j'aurais pu cogner le mur ! Et les préposés, qui frôlaient l'accident cardiaque... J'étais au bord des larmes. On n'allait quand même pas m'interdire de descendre cette pente en tricycle ? Mais si ! Je rangeai mon tricycle ce soir-là en maugréant contre ces adultes qui s'arrangeaient toujours pour que les enfants ne puissent pas s'amuser.

Par la suite, je me suis montrée plus prudente ! Avant de grimper la pente, je vérifiais que mes parents et les employés étaient occupés. Comme ça, je pouvais agir tranquille.

Les employés m'ont repéré. Mais à la longue, ils se sont habitués. Quand ils me voyaient descendre avec le tricycle, ils disaient "Tiens, c'est la petite du chef qui arrive...". Ils me regardaient foncer vers eux, traverser la route, disparaître de leur champ de vision. Ils reprenaient leur travail quand ils entendaient le grincement que faisait le tricycle en frottant le mur.

Jusqu'au jour où... un bruit sourd, suivi de hurlements perçants, a fait sursauter tout le monde. "Mon Dieu, mon Dieu, c'est la petite...!" Tout le monde se précipite à la porte, pour trouver... mon petit frère gisant par terre, une énorme bosse sur le front. Il avait piqué MON tricycle, pour essayer de descendre MA pente à MA manière. Un voleur doublé d'un plagiaire ! C'était bien fait pour sa pomme, tiens.

Eh ben non, c'est moi qui ai été punie. Tout le monde (mes parents) a dit que c'était de ma faute, que je lui avais donné un mauvais exemple en faisant une chose si dangereuse, et le pauvre petit qui avait été blessé, et gnagnagna... Moi je maintiens : "Quand on ne sait pas, on ne fait pas !"

Adieu ma pente, mon tricycle, mes cascades...

Quelque temps plus tard, mes parents m'offraient des patins à roulettes...

Je n'ai pas retrouvé une photo de mon tricycle. L'image vient de  www.cantamarpublishing.com/ home.html

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06 mai 2004

Mo : "Mamaaann ! Tu veux bien demander à Dodo de cesser de critiquer la manière dont je m'habille !"
Dodo : "Ben quoi, je suis étonnée que Maman t'ait laissé sortir dans cette tenue, c'est tout !"
Driss : "C'est vrai que ta tenue, hier..."
Moi : "Quelle tenue ?"
Mo, le regard baissé : "Ben , celle que je t'ai montrée avant-hier..."
Je m'en souviens bien, une tenue que j'ai qualifiée de trash, et que je lui ai fortement déconseillé de mettre pour aller à l'école...
Driss : "Oui, et mes copains m'ont dit que, habillée comme ça, tu avais l'air d'une ..."
Je fais des grands gestes désespérés en regardant du côté de Dodo, pendant que Mo se prépare à pousser un de ces hurlements perçants dont elle a le secret.
Driss termine : "d'une p..., d'une péripatéticienne."
Je baisse les bras et la tête accablée. Je pressens ce qui va suivre...
Dodo : "C'est quoi, une pétiparépicienne ?"
Je me tourne vers Driss : "Ah toi d'expliquer, gros malin !"
Driss : "Eh bien, tu vois, dans la Grèce antique, il y avait un philosophe, Aristote, il a ouvert une école où il enseignait la philosophie. Dans l'école, il y avait une cour, et Aristote et ses élèves discutaient en marchant autour de la cour, et on a appelé ça l'école péripatéticienne, tu vois...!"
Il me regarde, en faisant une grimace gênée.
Pas mal. Il devient presqu'aussi habile que moi pour noyer le poisson. Mais ça ne marchera pas, cette fois.
Dodo : "Oui, mais alors, par rapport à Mo, c'est quoi une pépirapéticienne ?"
Ils me regardent tous les trois, dans l'expectative. Allez, je me lance.
"Dis-moi, Dodo, tu sais ce que c'est une prostituée ?"
Dodo : "Ah, celle-là, c'est facile, c'est quelqu'un qui fait l'amour pour de l'argent"
Je fixe les deux grands, le regard sur position laser, les mettant au défi de rigoler. Ils pouffent !
Dodo : "Ah, j'ai compris, je sais ce que c'est, une péripapéticienne!"
Je soupire : "Allez, c'est quoi ?"
Dodo, haussant les épaules et affichant un petit sourire en coin : "Ben, facile, c'est une pute qui fait le trottoir !"
Les deux grands ricanent ouvertement.
Je me tourne vers eux : "C'est de votre faute ! Vous devriez faire plus attention aux conversations que vous avez devant une petite fille de huit ans !"
Driss : "Mais elle participe aux conversations ! On n'y peut rien !"
Mo : "Et puis, la manière dont elle parle, c'est facile d'oublier son âge. Des fois, j'ai l'impression que c'est ma grand-mère, et pas ma petite soeur !"
Je regarde Dodo, qui me fait un clin d'oeil avec toujours son petit sourire en coin.
Dur, dur, d'élever des mômes, de nos jours...

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05 mai 2004

Mo fréquente l'atelier théâtre de son athénée pour la cinquième année, Driss pour la deuxième.
Chaque année, préparation d'un spectacle qui se joue au Théâtre Mercelis, un chouette petit théâtre qui se trouve pas loin de la Place Fernand Coq, à Ixelles.
Leur animatrice est une enthousiaste et monte à chaque fois un spectacle inattendu, au rythme effréné. L'atelier est victime de son succès : 50 élèves doivent brûler les planches en un soir, chanter, danser, jouer la comédie, amuser, émouvoir un public de parents et d'élèves.
La preuve que le spectacle est bon, c'est que je me contente pas d'attendre que mes propres enfants passent. Les autres aussi sont bons, même très bons, et on est séduit par leur jeu qui pour certains, est déjà d'une grande maturité.
Mo et Driss ? Je fais une très mauvaise critique. J'aime trop ce qu'ils font, et en même temps je suis pétrie de doute. Est-ce que les autres spectateurs vont aimer ? Mo et Driss n'en font-ils pas trop, pas assez ? Mais les aplaudissements quand ils terminent leur scène me rassurent. On les aime (presqu'autant que moi). Mo, c'est la romantique des années 90, un rien grunge, un rien gothique. Driss, c'est un dandy un peu "banditos", un charme à la Belmondo, en nettement, nettement plus beau. Mo, on applaudit sa grâce, sa voix déjà très personnelle, sa fougue mêlée d'une retenue qui suscite l'émotion. Driss, on sourit, on écarquille les yeux, on éclate de rire, on s'écroule sur sa dernière réplique.
Quand ils font leur sortie, c'est un beau chahut dans la salle. Pascal se tourne vers moi : "Tu crois qu'ils ont chacun leur claque ?"
Ils sont bien, bien dans leur peau, bien dans leur école, bien dans ce qu'ils font, bien avec leurs copains. Je soupire, rassurée. "Oui, Pascal, ils ont chacun leur claque." Et j'applaudis bien fort avec le reste du public.

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24 avril 2004

Une famille épanouie

Assis côte à côte, Pascal et moi savourons un moment de quiétude.

Quand on vit en famille, la quiétude, c'est une question de point de vue. Pour nous, c'est la possibilité de rester assis un moment l'un près de l'autre. Nous ne disons rien, et personne ne vient nous solliciter. Nous savourons la proximité des corps, installés dans notre petite bulle, d'autant plus précieuse qu'elle esr fragile.

Pendant ce temsp-là ... Mo chatte sur l'ordinateur avec un copain dont les réponses la font hurler de rire. Dodo, maîtresse d'école, fait la leçon à ses élèves invisibles. Driss a distribué sur le sol ses armées, composées de guerriers warhammer, de pièces de jeu d'échecs et de Fisher price piqués à ses petites soeurs. La bataille s'annonce sanglante. Pour le moment, les généraux en sont à s'injurier.  Nana, avec les fisher price qu'elle a pu sauver, a installé des maisons de poupées de taille diverse autour d'elle et joue au "village". Ces personnages sortent de chez eux, vont dans les magasins, se rencontrent, conversent, et essaient d'éviter les armées de Driss.

Moi : "Au fond, pour qu'une famille fonctionne, il faut pouvoir réserver à chacun son quart d'heure d'autisme".
Un ange passe...
Pascal : "Un quart d'heure seulement ?"
Nous replongeons dans un silence méditatif, pendant que la pièce retentit des rires de Mo, des bruits de bataille émis par Driss, des papotages de Nana, et des recommnadations sévères mais justes de Dodo à ses petits élèves.

La quiétude, c'est relatif...

Posté par Brigitte à 16:38 - Famille - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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