Deuxplusquatre

Famille, enfants, bricolages, papier, littérature, écriture, recherche d'information

28 mai 2004

Tu m'connais, non !

Cliquez sur l'image pour l'agrandir Mo me présente une interro d'histoire, un beau 17/20 dessiné sur la première page.
Moi : "Génial !"
Mo sourit, fièrement.
Moi, taquine : "Evidemment, quand je verrai sur ton bulletin que tu n'as que 50%, je saurai que tu t'es bien gardée de me montrer les mauvaises interros...!"
Mo, indifférente : "Bah, puisque tu le sais déjà, pourquoi veux-tu que je te les montre..."
Je crois que j'ai encore perdu une occasion de me taire.

Posté par Brigitte à 16:16 - Mo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2004

Mo, resplendissante dans une de mes vestes favorites, une rouge en lin, avec col chinois et brandebourgs : "Maman, ta veste, elle déchire !"
Ma veste, quelle chipie !
Elle s'arrête, prend la pose mannequin, cheveux en arrière, regard profond, mains dans les poches.
Elle me regarde.
Je la regarde.
Elle me regarde encore plus (si, si, c'est possible).<BR>Je soupire : "Allez, tu peux la mettre".
Cri de joie, saut dans les airs : "Merci, Mamounette chérie, tu es la plus chouette des mamans !"
Et elle s'en va, de cette démarche déhanchée et sautillante des adolescentes montées en graine.
Bon, je me suis encore fait avoir. Ce n'est pas demain la veille que je pourrai remettre les mains sur MA veste, qui ira rejoindre jupes, pantalons, foulards, et tout ce que Mo a trouvé à son goût dans ma garde-robe et que je dois me battre pied à pied pour récupérer.
Je ne me plains pas (enfin, pas vraiment). C'est un jeu mère-fille assez classique. Et puis, je me dis que je ne dois pas être trop en-dehors du coup, si Mo est prête à enfiler mes vêtements pour aller à l'école.
Pascal ricane : "Tu sais, la mode, c'est cyclique. Ca veut seulement dire que ce qui était à la mode quand tu étais jeune est revenu à la mode maintenant..."
Quelle mauvaise langue ! Bah, c'est un homme, il ne peut pas comprendre. Et puis il ne s'est pas encore aperçu que Mo lui a piqué une de ses chemises la semaine dernière. C'est qui qui rigole en douce, hein ?

Posté par Brigitte à 09:23 - Mo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mai 2004

Ici on rase gratis

Driss grandit, quelle affaire ! Il bourgeonne, ce qui n'est pas son moindre souci. Il est désormais plus grand que moi. Faut que je m'habitue à regarder vers le haut, ça change ! Une fine moustache ondoie sur sa lèvre supérieure. Un peu envahissante, la moustache.
Pascal et moi avons acheté le matos : rasoir peaux sensibles, gel peaux sensibles, aftershave peaux sensibles.
Hier soir, je préviens : "ce week end, on rase Driss"
2>Driss fait une petite grimace. Ne plus avoir de moustaches d'accord, en passer par la phase de démoustachisation, c'est moins évident.
Nana : "Ah, on le déba-rase !". Et elle roule des yeux malicieux.
Moi : "Répète un peu ça ?"
Nana, avec un sourire en coin : "Ben oui, on le déba-rase (elle insiste sur le 'rase') de ses poils !"
Moi, lui chatouillant les côtes : "Tu sais que c'est interdit du faire des jeux de mots pareils à l'âge de cinq ans !"
Ben oui quoi, nous (les parents), où garderions-nous une longueur d'avance sur eux (nos enfants), sinon dans l'humour et la subtilité de nos propos ? Hein ?
Nana s'en fout, elle rit aux éclats (de sa propre subtilité).

Posté par Brigitte à 16:14 - Nana - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2004

La perspective vient avec l'âge

Driss : "Tu vois, t'as fait plein de bêtises quand tu étais môme ! Alors pourquoi tu t'énerves quand je fais quelques cascades ? T'en a fais des pires !"
Moi : "C'est que, tu vois, aujourd'hui, c'est moi la maman.."

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13 mai 2004

Mon tricylce rouge

Quand j'étais petite, quatre ou cinq ans par là, j'avais un tricycle rouge. Mon compagnon d'aventures. Un tricycle de bois, avec des roues d'acier et des pneus blancs. Je passais des heures dessus, à pédaler ou simplement assise, à écouter les bruits, à regarder autour de moi.
Notre lieu préféré, à mon tricycle et à moi, c'était la montée devant chez nous. Une longue, longue pente à 45 ° au moins, à vous donner l'envie de descendre à toute vitesse, et le courage de la regrimper ensuite, traînant son fier coursier derrière soi.
Nous habitions dans la gare de Baulers. D'un côté de la gare, notre cuisine, le salon et la salle à manger, au milieu, le bureau des employés du chemin de fer, de l'autre côté, la salle des pas perdus. Au premier étage, nos chambres. Passant devant la gare, une route qui mène jusqu'à Nivelles d'un côté (en sortant de la gare, à droite) et vers le centre de Baulers de l'autre. En face de la gare, cette pente, ma pente à moi, qui montait presque jusqu'au ciel.
Je la grimpais, tirant mon tricycle. C'était long à monter, mais quelle récompense ensuite. Arivée en haut, je grimpais sur mon tricycle, l'alignait sur la gare, qui me paraissait toute petite, là en bas, je donnais une petite poussée et.... lâchez tout, le tricycle d'un bel élan fonçait tout seul dans la descente, sa course se précipitant, jusqu'au moment où j'atteignais la grand route, la traversais à toute vitesse, droit sur le mur, frappais mon talon gauche sur le sol en tournant le guidon d'un coup sec au maximum, freinais des deux pieds, et laissais l'arrière de mon tricycle frotter le mur pour stopper la course. C'était exaltant!

La première fois que j'ai réalisé cet exploit, les employés du bureau se sont précipités dehors, croyant me retrouver en bouillie. Mais non, je riais, toute fière, et prête à remettre ça.

La deuxième fois, mon père m'attendait devant la gare. Quand j'ai arrêté mon tricycle, il m'a tancée d'importance. Est-ce que je me rendais compte du danger ? Traverser une grande route comme ça ? Et j'aurais pu cogner le mur ! Et les préposés, qui frôlaient l'accident cardiaque... J'étais au bord des larmes. On n'allait quand même pas m'interdire de descendre cette pente en tricycle ? Mais si ! Je rangeai mon tricycle ce soir-là en maugréant contre ces adultes qui s'arrangeaient toujours pour que les enfants ne puissent pas s'amuser.

Par la suite, je me suis montrée plus prudente ! Avant de grimper la pente, je vérifiais que mes parents et les employés étaient occupés. Comme ça, je pouvais agir tranquille.

Les employés m'ont repéré. Mais à la longue, ils se sont habitués. Quand ils me voyaient descendre avec le tricycle, ils disaient "Tiens, c'est la petite du chef qui arrive...". Ils me regardaient foncer vers eux, traverser la route, disparaître de leur champ de vision. Ils reprenaient leur travail quand ils entendaient le grincement que faisait le tricycle en frottant le mur.

Jusqu'au jour où... un bruit sourd, suivi de hurlements perçants, a fait sursauter tout le monde. "Mon Dieu, mon Dieu, c'est la petite...!" Tout le monde se précipite à la porte, pour trouver... mon petit frère gisant par terre, une énorme bosse sur le front. Il avait piqué MON tricycle, pour essayer de descendre MA pente à MA manière. Un voleur doublé d'un plagiaire ! C'était bien fait pour sa pomme, tiens.

Eh ben non, c'est moi qui ai été punie. Tout le monde (mes parents) a dit que c'était de ma faute, que je lui avais donné un mauvais exemple en faisant une chose si dangereuse, et le pauvre petit qui avait été blessé, et gnagnagna... Moi je maintiens : "Quand on ne sait pas, on ne fait pas !"

Adieu ma pente, mon tricycle, mes cascades...

Quelque temps plus tard, mes parents m'offraient des patins à roulettes...

Je n'ai pas retrouvé une photo de mon tricycle. L'image vient de  www.cantamarpublishing.com/ home.html

Posté par Brigitte à 16:24 - Famille - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2004

Mo : "Mamaaann ! Tu veux bien demander à Dodo de cesser de critiquer la manière dont je m'habille !"
Dodo : "Ben quoi, je suis étonnée que Maman t'ait laissé sortir dans cette tenue, c'est tout !"
Driss : "C'est vrai que ta tenue, hier..."
Moi : "Quelle tenue ?"
Mo, le regard baissé : "Ben , celle que je t'ai montrée avant-hier..."
Je m'en souviens bien, une tenue que j'ai qualifiée de trash, et que je lui ai fortement déconseillé de mettre pour aller à l'école...
Driss : "Oui, et mes copains m'ont dit que, habillée comme ça, tu avais l'air d'une ..."
Je fais des grands gestes désespérés en regardant du côté de Dodo, pendant que Mo se prépare à pousser un de ces hurlements perçants dont elle a le secret.
Driss termine : "d'une p..., d'une péripatéticienne."
Je baisse les bras et la tête accablée. Je pressens ce qui va suivre...
Dodo : "C'est quoi, une pétiparépicienne ?"
Je me tourne vers Driss : "Ah toi d'expliquer, gros malin !"
Driss : "Eh bien, tu vois, dans la Grèce antique, il y avait un philosophe, Aristote, il a ouvert une école où il enseignait la philosophie. Dans l'école, il y avait une cour, et Aristote et ses élèves discutaient en marchant autour de la cour, et on a appelé ça l'école péripatéticienne, tu vois...!"
Il me regarde, en faisant une grimace gênée.
Pas mal. Il devient presqu'aussi habile que moi pour noyer le poisson. Mais ça ne marchera pas, cette fois.
Dodo : "Oui, mais alors, par rapport à Mo, c'est quoi une pépirapéticienne ?"
Ils me regardent tous les trois, dans l'expectative. Allez, je me lance.
"Dis-moi, Dodo, tu sais ce que c'est une prostituée ?"
Dodo : "Ah, celle-là, c'est facile, c'est quelqu'un qui fait l'amour pour de l'argent"
Je fixe les deux grands, le regard sur position laser, les mettant au défi de rigoler. Ils pouffent !
Dodo : "Ah, j'ai compris, je sais ce que c'est, une péripapéticienne!"
Je soupire : "Allez, c'est quoi ?"
Dodo, haussant les épaules et affichant un petit sourire en coin : "Ben, facile, c'est une pute qui fait le trottoir !"
Les deux grands ricanent ouvertement.
Je me tourne vers eux : "C'est de votre faute ! Vous devriez faire plus attention aux conversations que vous avez devant une petite fille de huit ans !"
Driss : "Mais elle participe aux conversations ! On n'y peut rien !"
Mo : "Et puis, la manière dont elle parle, c'est facile d'oublier son âge. Des fois, j'ai l'impression que c'est ma grand-mère, et pas ma petite soeur !"
Je regarde Dodo, qui me fait un clin d'oeil avec toujours son petit sourire en coin.
Dur, dur, d'élever des mômes, de nos jours...

Posté par Brigitte à 17:47 - Famille - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2004

Dialogue

Cliquez sur l'image pour l'agrandir Driss : "Tu ne fais pas tes devoirs devant la télévision !"
Dodo : "Mais je suis bien, là !"
Driss, autoritaire : "Va dans la salle à manger, et ferme-là !"
Dodo, fâchée : "Eh, on n'est pas en Chine !"
Mais elle se bouge quand même.
 
Qu'est-ce qui l'a amenée à cibler la Chine comme dictature ? Elle lit beaucoup, elle regarde les journaux télévisés, elle s'intéresse à tout, elle analyse les choses et tire des conclusions. Et voilà, ce qu'elle en pense transparaît, comme ça, au détour d'une phrase. Drôle de petite bonne femme !

Posté par Brigitte à 18:06 - Dodo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Driss

Driss récitait des poèmes sur LA Femme (le thème du spectacle), et chantait : "Vous les femmes!" de Julio Iglesias. Il avait un peu cet air-là (voir photo). Un (déjà) séducteur, je vous dis.
FONT> 
Illustration de http://www.hellomagazine.com/specials/iglesiascomparison/comparison.html

Posté par Brigitte à 17:52 - Driss - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mo

Cliquez sur l'image pour l'agrandir Mo chantait "Pourvu qu'elle soit douce" de Mylène Farmer, et racontait une histoire plutôt macabre. C'est ce qu'elle aime...
 
Illustration de http://www.mylene.net/photos.htm


Posté par Brigitte à 17:40 - Mo - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mo fréquente l'atelier théâtre de son athénée pour la cinquième année, Driss pour la deuxième.
Chaque année, préparation d'un spectacle qui se joue au Théâtre Mercelis, un chouette petit théâtre qui se trouve pas loin de la Place Fernand Coq, à Ixelles.
Leur animatrice est une enthousiaste et monte à chaque fois un spectacle inattendu, au rythme effréné. L'atelier est victime de son succès : 50 élèves doivent brûler les planches en un soir, chanter, danser, jouer la comédie, amuser, émouvoir un public de parents et d'élèves.
La preuve que le spectacle est bon, c'est que je me contente pas d'attendre que mes propres enfants passent. Les autres aussi sont bons, même très bons, et on est séduit par leur jeu qui pour certains, est déjà d'une grande maturité.
Mo et Driss ? Je fais une très mauvaise critique. J'aime trop ce qu'ils font, et en même temps je suis pétrie de doute. Est-ce que les autres spectateurs vont aimer ? Mo et Driss n'en font-ils pas trop, pas assez ? Mais les aplaudissements quand ils terminent leur scène me rassurent. On les aime (presqu'autant que moi). Mo, c'est la romantique des années 90, un rien grunge, un rien gothique. Driss, c'est un dandy un peu "banditos", un charme à la Belmondo, en nettement, nettement plus beau. Mo, on applaudit sa grâce, sa voix déjà très personnelle, sa fougue mêlée d'une retenue qui suscite l'émotion. Driss, on sourit, on écarquille les yeux, on éclate de rire, on s'écroule sur sa dernière réplique.
Quand ils font leur sortie, c'est un beau chahut dans la salle. Pascal se tourne vers moi : "Tu crois qu'ils ont chacun leur claque ?"
Ils sont bien, bien dans leur peau, bien dans leur école, bien dans ce qu'ils font, bien avec leurs copains. Je soupire, rassurée. "Oui, Pascal, ils ont chacun leur claque." Et j'applaudis bien fort avec le reste du public.

Posté par Brigitte à 17:28 - Famille - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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