05 mai 2004
Dialogue
Driss : "Tu ne fais pas tes devoirs devant la télévision !"
Dodo : "Mais je suis bien, là !"
Driss, autoritaire : "Va dans la salle à manger, et ferme-là !"
Dodo, fâchée : "Eh, on n'est pas en Chine !"
Mais elle se bouge quand même.
Qu'est-ce qui l'a amenée à cibler la Chine comme dictature ? Elle lit beaucoup, elle regarde les journaux télévisés, elle s'intéresse à tout, elle analyse les choses et tire des conclusions. Et voilà, ce qu'elle en pense transparaît, comme ça, au détour d'une phrase. Drôle de petite bonne femme !
Driss
Driss récitait des poèmes sur LA Femme (le thème du spectacle), et chantait : "Vous les femmes!" de Julio Iglesias. Il avait un peu cet air-là (voir photo). Un (déjà) séducteur, je vous dis.
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Illustration de http://www.hellomagazine.com/specials/iglesiascomparison/comparison.html
Mo
Mo chantait "Pourvu qu'elle soit douce" de Mylène Farmer, et racontait une histoire plutôt macabre. C'est ce qu'elle aime...
Illustration de http://www.mylene.net/photos.htm
Mo fréquente l'atelier théâtre de son athénée pour la cinquième année, Driss pour la deuxième.
Chaque année, préparation d'un spectacle qui se joue au Théâtre Mercelis, un chouette petit théâtre qui se trouve pas loin de la Place Fernand Coq, à Ixelles.
Leur animatrice est une enthousiaste et monte à chaque fois un spectacle inattendu, au rythme effréné. L'atelier est victime de son succès : 50 élèves doivent brûler les planches en un soir, chanter, danser, jouer la comédie, amuser, émouvoir un public de parents et d'élèves.
La preuve que le spectacle est bon, c'est que je me contente pas d'attendre que mes propres enfants passent. Les autres aussi sont bons, même très bons, et on est séduit par leur jeu qui pour certains, est déjà d'une grande maturité.
Mo et Driss ? Je fais une très mauvaise critique. J'aime trop ce qu'ils font, et en même temps je suis pétrie de doute. Est-ce que les autres spectateurs vont aimer ? Mo et Driss n'en font-ils pas trop, pas assez ? Mais les aplaudissements quand ils terminent leur scène me rassurent. On les aime (presqu'autant que moi). Mo, c'est la romantique des années 90, un rien grunge, un rien gothique. Driss, c'est un dandy un peu "banditos", un charme à la Belmondo, en nettement, nettement plus beau. Mo, on applaudit sa grâce, sa voix déjà très personnelle, sa fougue mêlée d'une retenue qui suscite l'émotion. Driss, on sourit, on écarquille les yeux, on éclate de rire, on s'écroule sur sa dernière réplique.
Quand ils font leur sortie, c'est un beau chahut dans la salle. Pascal se tourne vers moi : "Tu crois qu'ils ont chacun leur claque ?"
Ils sont bien, bien dans leur peau, bien dans leur école, bien dans ce qu'ils font, bien avec leurs copains. Je soupire, rassurée. "Oui, Pascal, ils ont chacun leur claque." Et j'applaudis bien fort avec le reste du public.